Au fil du pinceau

Au fil du pinceau.

Ulysse suit Pierre Alechinsky tout au long d’une exploration en territoire inconnu : la blancheur d’un grand papier, 193 x 305 cm. Ce film, presque muet, sans accompagnement musical, mais sonore quant aux bruissements de l’action, se déroule dans une logique propre à la discipline d’une triade : encre, pinceau, papier. Devant une caméra qui capte au fur et à mesure une kyrielle de décisions improvisées — hésitations, interventions, exagérations, réflexions, introductions, inspirations, corrections, irruptions, expirations, accélérations, interruptions, respirations — les avancées, les retraits et les élans du peintre s’imposent à nos yeux jusqu’à la conclusion finale. Sur le rectangle d’origine, le papier de Chine, et sur le rectangle de destination, l’écran, chaque trait tracé, inventé, intégré, modifié, joue sa partie. D’habitude nous ne connaissons que le dernier état d’un tableau, la dernière strate. Cela donne à penser que tout tableau achevé est un « arrêt sur image ».

Idée originale,
Réalisation, images et montage:

Ulysse Dikoumé A